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04 juillet 2018

Intermines
Un Mineur "startuper" à New-York !

 

Poursuivant sa traque du Mineur cosmopolite voire insolite, INTERMINES a découvert Morgan Hermand-Waiche, P2002, entrepremineur infiltré à New York dans des activités fort éloignées de l’Energie, du Conseil et autres gagne-pains habituels de nos Camarades.

 

INTERMINES : Cher Camarade, as-tu vraiment étudié aux Mines ?

Morgan : Oui bien sûr ! J’ai intégré les Mines de Paris en 2002 et j’y ai suivi l’option Génie Scientifique avec beaucoup d’intérêt. La vie parisienne comme étudiant était agréable mais coûteuse, et avec quelques amis, nous avons eu l’idée de sous-louer des logements pendant les périodes d’inoccupation. AirBnB avec 5 ans d’avance. A cette occasion nous avions rapidement découvert que « l’éco-système » parisien se prêtait mal à la levée de fonds, de venture capital. C’est une leçon que j’avais alors retenu.  

INTERMINES – Aurais-tu alors contracté le virus d’entrepreneur ?

Morgan : Sans doute, mais c’est plutôt un gène qu’un virus. Malgré les démangeaisons qu’il me causait, je suis simplement rentré chez McKinsey en sortant de l’Ecole. Rapidement j’ai été envoyé au bureau de Hong-Kong, qui se trouvait alors au centre d’une frénésie de fusions-acquisitions dans les 10 ou 15 pays voisins. McKinsey profita de cette propice conjoncture pendant près de trois ans. Bonne école pour moi bien sûr et je ne voyais pas le temps passer. Sauf que le Conseil, même en fusions-acquisitions, reste loin de l’entrepreneuriat. J’ai alors obtenu une bourse inespérée pour effectuer un MBA à Harvard Business School. Des études passionnantes de 2 ans, en immersion totale dans un campus reculé. A conseiller aux Mineurs ne craignant pas d’être submergés de travail.         

INTERMINES – Pas rigolo ta vie de moine !

Morgan : En effet, mais j’étais aux aguets. Et puis ma vie n’était pas totalement monacale. Par exemple, en 2ème année, voulant acheter un beau cadeau à ma fiancée avec mes moyens limités, je découvris que la lingerie féminine était hors de prix aux Etats-Unis.

INTERMINES – Voilà une nouvelle grave.

Morgan : Je te l’accorde, des évènements presque aussi graves survenaient au même moment. Je me souviens par exemple de l’éruption d’un volcan islandais au nom impossible, qui avait bloqué le trafic aérien pendant des semaines ! Sans blaguer cependant, j’ai eu l’intuition qu’il y avait quelque chose à fouiller. J’ai donc candidement appelé des patrons d’entreprises de lingerie aux US en leur disant que j’étais étudiant à Harvard Business School et que j’étudiais leur secteur d’activité. Ils m’ont tous aimablement renseigné. De fil en aiguille, j’ai appréhendé quelques ressorts essentiels du métier et ma conviction s’est faite que je pouvais entreprendre dans ce secteur. Il fallait un peu de capital pour démarrer. J’ai pu le lever sur le campus avant même de finir le MBA, observant déjà dans les faits l’environnement incroyablement favorable aux entrepreneurs aux USA. Et j’ai créé ADORE ME en 2011, entreprise de lingerie en ligne à prix «raisonnables». Cinq ans et deux levées de capital plus tard, notre chiffre d’affaire est de 100 M$, nous avons 150 collaborateurs, nous dessinons puis produisons en Asie une ligne en renouvellement permanent (jusqu’à 40 nouveaux modèles tous les mois). Bref, nous jouons dans la cour des grands.

INTERMINES – Waoh ! Quels sont les fondamentaux qui ont soutenu cette croissance ?

Morgan : Même à Intermines, je ne peux donner que quelques indices ! Par exemple : New York, New York, en plein carrefour de la Mode, de la Finance, du High Tech. Les talents sont nombreux ici – talents auxquels nous avons rajouté 15 à 20% de Français. Nous avons par ailleurs innové en profondeur dans la gestion dynamique des inventaires, un sujet très complexe dans notre domaine du fait de la diversité des dimensions féminines (que nous voulons toutes satisfaire, contrairement à nos concurrents), conjuguée à la durée du cycle design / confection / logistique, 8 mois. Enfin, le Big Data, que nous commençons à exploiter avec succès du fait de notre volume d’affaires.

INTERMINES – On pourrait dire que tu as inventé le Génie Modique. Quels sont tes projets d’avenir ? Penses-tu développer ADORE ME en Europe ou même les pays en voie de développement (riches en population féminine et coquette) ? Utiliser Amazon ?

Morgan : Pourquoi pas. Dans le court terme, nous étudions l’éventualité d’une ouverture de boutiques. Dans le long terme, tout est possible, y compris redémarrer dans un secteur radicalement différent, comme Elon Musk le fait tous les 5 ans… Il n’y a pas d’âge pour entreprendre !

INTERMINES – Merci Morgan pour ce bon conseil en conclusion. Tous nos vœux pour la poursuite de ta brillante ascension entrepreneuriale, qui inspirera sûrement des Adoremineurs et Adoremineuses !

 

Entrepremineurs ou startupers : Intermines Carrières vous accompagne dans la voie de la création d’activité en lien avec Vincent Flament (P2010) qui organise prochainement une soirée Carrières sur le thème des startups.

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